L'incendie couve entre le gouvernement et les pompiers --par Jean-Marie Godard--
AP | 20.11.06 | 17:30
PARIS (AP) -- Au terme d'une semaine de rendez-vous manqués, ponctuée par un échange de courriers au ton assez sec, le gouvernement et les syndicats de pompiers n'ont pas réussi à s'entendre. Une nouvelle manifestation nationale est prévue mardi à Paris, pour exiger la possibilité de bénéficier d'une retraite à 55 ans et le rétablissement d'une prime.
Le cortège partira vers 14h de la place Denfert-Rochereau en direction de celle de la Nation. Les fédérations syndicales CGT, FO, CFTC, et la Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels (FASPP) tablent sur la participation de 12.000 à 15.000 pompiers venus de tout le pays. La France compte quelque 36.000 pompiers professionnels relevant de la Fonction publique territoriale.
Les fédérations syndicales, qui estiment que "l'exaspération est à son comble" et ont demandé une "ultime rencontre", mardi matin, avec leur ministre de tutelle Brice Hortefeux, craignent des incidents en fin de manifestation.
Les syndicats exigent le rétablissement d'une prime indiciaire (NBI) supprimée l'été dernier pour une partie d'entre-eux, ainsi que des aménagements de fin de carrière permettant, pour ceux qui le souhaitent, de bénéficier d'une retraite à taux plein à partir de 55 ans dans le cadre du classement de leur profession dans la catégorie dangereuse et insalubre.
Le 25 septembre dernier, entre 3.000 et 7.000 pompiers, selon les sources, la plupart en tenue de feu, avaient défilé à Paris à l'appel des seules CGT et FASPP. Les autres syndicats avaient préféré attendre le résultat de trois groupes de travail, fin septembre et en octobre, mis en place par le ministre délégué aux Collectivités territoriales Brice Hortefeux, sur la base des revendications des pompiers.
Mais les syndicats estiment n'avoir rien obtenu. Depuis le 13 novembre dernier, Brice Hortefeux a tenté d'obtenir un accord avec les syndicats, sans succès.
Deux rencontres ont eu lieu entre les syndicats et M. Hortefeux, et une troisième était prévue mercredi dernier pour signer un "relevé de conclusions", rendez-vous auquel les fédérations de pompiers ne se sont pas rendues.
Leurs bases ont en effet rejeté les propositions ministérielles et les syndicats ont envoyé des contre-propositions, refusées par le ministre. Un échange de courriers particulièrement secs de part et d'autre est venu clore ce dialogue de sourds.
"Les sapeurs-pompiers professionnels sont unanimes, le capital confiance s'est fortement dégradé depuis deux ans en fonction de l'accumulation de promesses non tenues", écrivent notamment les syndicats dans leur courrier commun adressé au ministre et dont l'Associated Press a obtenu une copie.
"Sur la fin de carrière, la déception est à son comble (...) Malgré la reconnaissance du caractère dangereux du métier de sapeur-pompier", dans le cadre de la loi de modernisation de la Sécurité civile du 13 août 2004, "aucune disposition réglementaire ne permet aux sapeurs-pompiers professionnels de partir avec une retraite décente à 55 ans", déplorent-ils.
Le ministre rétorque dans une lettre que l'absence des syndicats à la réunion de signature "témoigne d'une conception curieuse du dialogue social" et annonce, qu'en conséquence, il retire ses propositions.
Le dossier n'est en tout cas pas nouveau. Les pompiers se mobilisent régulièrement sur la question de leur fin de carrière depuis 1999, ce qui explique en partie "l'exaspération", selon les syndicats, qui soulignent que la suppression de la nouvelle prime indiciaire en juillet dernier a "remis le feu aux poudres". AP
Source : Source :Nouvel Obs. com. Via le Net