Le coût des services d'incendie et de secours (Sdis) augmente régulièrement. Les départements, principaux financeurs, craignent de ne pas pouvoir suivre. Ils en appellent à l'État.
Entretien Ouest-France avec Philippe Grosvalet.Président (PS) du conseil général de Loire-Atlantique.
Depuis 2004, les conseils généraux dirigent les Services d'incendie et de secours (Sdis) et les financent à hauteur de 56 %. Mauvais principe ?
Non. Auparavant, ce service était géré par les communes, avec des disparités. Depuis, tout a été remis à niveau, au prix d'une augmentation des budgets de 48 % en sept ans (pour un budget total de 4,7 milliards d'euros). Matériel, centres d'intervention, formation... Aujourd'hui, nous sommes parmi les plus performants en Europe. Un coup de fil au 18, et les secours sont là en moins de 20 minutes, sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Mais si rien ne change, la tendance va s'inverser.
Pourquoi ces difficultés budgétaires ?
Les communes et intercommunalités participent à hauteur de 44 %. Mais leur contribution est gelée. Les départements, qui connaissent de graves difficultés, supportent seuls la progression des budgets. C'est intenable.
Les pompiers pallient la carence d'autres services publics ?
Bien sûr. Lorsque la permanence des soins n'est pas assurée, c'est l'ambulance des pompiers qui vient. Officiellement, 150 000 déplacements en France sont dus aux carences des services de santé (sur plus de 2,8 millions d'interventions pour secours à personnes). 106 000 seulement nous ont été remboursés, à 105 € chacun, pour un coût réel de 465 €, voire 900 €. L'augmentation de la population pèse aussi. Et la masse salariale augmente plus vite que le coût de la vie. À cela s'ajoutent les mises aux normes. Ainsi, le prix de la tenue du pompier a triplé en dix ans.
Vous allez mettre le problème sur la table au congrès national, aujourd'hui ?
Oui, au nom de l'Association des départements de France. Nous devons mettre l'État à contribution, mais aussi les Agences régionales de santé, les assurances, les entreprises à risques. Il faudra bien passer par la tarification de certaines interventions. Ça existe déjà pour les sociétés d'autoroute, les aéroports.

Source:
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