Bonjour à tous,
J'ai suivi la formation PHTLS, je travaille en SMUR et participe donc à la médicalisation "à la française" ; de plus, je suis aussi SPV et dans le cadre du SSSM, je médicalise sur protocole.
A noter que j'exerce dans une grosse grosse agglomération où le systéme"SAMU" est poussé à son extréme.
Je ne m'exprimerais pas sur l'ACLS que je ne connais pas (ça ne se fait pas de parler des choses qu'on a pas connues...)
Le PHTLS, m'a appris à travailler "avec la montre dans la tête" et un soucis d'efficacité.
Quelques phrases chocs qui me restent :"je traite en premier ce qui tue en premier" ou "tout ce qui n'est pas immédiatement utile n'est pas primordial."
Mais croyez bien que c'est impossible à faire rentrer dans la tête de mes amis et collégues.
Un exemple : "Le choc est une insuffisance circulatoire qui provoque un déséquilibre entre les besoins en oxygéne et les capacité à oxygéné." Donc, bêtement, je dis qu'on commence par oxygéner.... Mais non ! Malheureux ! On mete deux voies et on reflechit !
A mon avis, le systéme français marche bien sur les pathologies médicales ; elles nécessitent un vrai démarche diagnostic et une reflexion.
La dérive ici se trouve à mon avis dans la voie dite "de sécurité" qui nous pousse à perfuser tout le monde,même ceux qui marchent jusqu'à l'ambulance (si si).
Pour ce qui est de la traumato, il est indénialble que pendant de longues années, on a tourné autour du malade pour se demander avec quoi on aller le remplir et que pendant ce temps, il se vidait dans le trottoir.
Je dois avouer que désormais, les délais pour obtenir une place (car même pour un polytraum', il faut chercher une place) sont plutôt courts et on retrouve - à mon avis - ici l'expérience de la recherche des tables de coro'. Du coup, la golden hour est le plus souvent respectée mais on se garderait bien d'avouer qu'on a adopté un concept américain.
Quels sont les limites du systéme français ?
C'est un motard avec un garrot serré qui attend 90 mn pour avoir une place ; c'est une plaie de la gorge (passée à ras de la jug') qui est techniquée par le SMUR en 15 mn mais qui attend 45 mn une destination), c'est des patients imperfusables qui vont bénéficier de renforts sur place alors qu'ils sont à 10 mn d'un hôpital (le renfort étant plus long à venir que le chemin vers l'hosto)......
Mais il est clair qu'avec notre systéme à "la française", si on débarque dans un hotsto qui n'a pas été prevenu, c'est un cataclysme....
Dans notre systéme, un SMUR prend en charge un dissection aortique, lui fait une écho et arrive en déchoquage avec la localisation exact de la dissection.
C'est sûr qu'on est loin du PHTLS.....
Alors, dans ces cas là , quand on essaie de faire comprendre aux gens les principes du PHTLS, c'est sûr qu'ils ne comrennnent pas....
Pour ce qui est de mon travail, en "solo" ; il est clair que j'essaie de ne pas perdre de temps en allant au primordial sans m'attarder. Mais il est difficile d'appliquer la philosophie PTHLS quand on est le seul formé.
Prendre en charge une victime sans que le VSAV comprenne ce que vous faites, sans que la régul' ne comprenne et pour se faire pourir à l'hosto ; parfois, c'est difficile.
Mais le PTHLS ne peut - à mon avis - pas s'appliquer dans tout les cas rencontré en pré-hospitaler et il ne faut pas oublier que dans un SMUR urbain, la traumato c'est une part infime de l'activité ; celle ci est dominée à 80 % par la cardio et la pneumo.
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Tout ça pour dire quoi ?
Pour dire que les systémes de soins et les philosophies sont de toutes façons telleement eloignés que la critique n'est même pas justifiée ; j'ai l'impression d'entendre un polythéiste et un monothéiste se disputer pour savoir quels sont les Dieux qui pissent le plus loin.
La formation PHTLS est interesssante pour les esprits curieux et ouverts car elle apporte une vision différente de notre travail ; mais la plupart des personnels ayant été "moulé", ils ne seront jamais convaincus.
Il faut savoir que les SMUR parisiens, donc sous la direction du Pr Carli, disposent de moyens permettant de faire les Tropos, la myoglobine, les CPK, les inon, les gaz, la créat, etc... etc.. que la plupart ont des échographies et qu'il n'est pas rare de faire des examens biologiques à domicile pour diagnostiquer ou orienter.
A mon avis, cela n'est pas critiquable. Certes, ça peut être suprenant ; mais nous sommes là dans une démarche scientifique et intellectuel de diagnostic. Le systéme "à la française" repose sur un diagnostic pré-hospitalier ; quelle satisfaction pour le médecin de SMUR d'avoir pu dire dans son UMH ce que les hospitaliers vont confirmer aprés moults examens et staff'.
La philosophie PHTLS est à 10 000 années lumiéres de ça.
On est à mon avis dans une bélligérance de rat des villes et de rat des champs.
Je trouve qu'un peu de chaque systéme est une bonne chose ; sans rien pousser au paroxysme.
Les deux philosophies ont leurs limites et leurs éceuils ; sans qu'à mon avis aucun ne soit pire qu'un autre.
Et comme le disait un médecin de chez nous, alors qu'on disposait de trois SMUR sur un ACR : "Plus y'a de médecins présents, mieux c'est pour la victime."
