Les attaques au laser se multiplient dans le ciel aérien helvétique. La Rega constate une recrudescence des actes de malveillance de ce type envers ses pilotes d’hélicoptère. Pour les bases de plaine comme celle de Lausanne, effectuant près d’une mission sur trois de nuit, le danger est réel aussi bien pour l’équipage que pour le patient pris en charge. Diriger un faisceau laser contre une personne est illégal et susceptible de poursuites pénales.
Un simple pointeur laser - employé par exemple par les conférenciers - suffit à incommoder un pilote à moyenne altitude. Le danger augmente d’autant plus avec l’usage illicite d’appareils de puissance supérieure, destinés notamment à l’astronomie. Avec une portée du faisceau prolongée, la cabine de l’aéronef est en effet soumise à une forte luminosité : à l’aveuglement temporaire du pilote s’ajoutent des lésions possibles à la rétine.
Augmentation significative des cas en 2010
En 2009, la Rega enregistrait 6 cas d’attaques au laser ; ce nombre est en hausse pour 2010 avec 10 annonces comptabilisées à fin août. Werner Marty, chef de la base Rega Lausanne, précise : « Tous nos pilotes ont été confrontés, au moins une fois lors d’une mission nocturne, à ces faisceaux lumineux. Il y a danger car la sécurité de nos équipages et des patients transportés est en jeu! ». De son côté, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) constate également une évolution de ces agissements répréhensibles ; 40 cas lui ont été signalés en 2009.
La Rega – dont les hélicoptères volent régulièrement de nuit et à basse altitude - est particulièrement exposée à ce genre d’actes irresponsables. Les conséquences se révèlent d’autant plus graves lors des phases d’atterrissages et de décollages. Pour la base de Lausanne, le nombre de missions de nuit s’élève à 300 par année en moyenne.
Identification et plaintes pénales déposées
Lors de ce type d’attaque, les pilotes de la Rega sont tenus d’informer la police cantonale concernée afin de permettre l’indentification des auteurs et leur audition. L’incident est signalé conjointement à l’OFAC et une plainte est déposée. Il convient de rappeler qu’entraver la vue d’un pilote d’un aéronef par un laser expose son auteur à des sanctions pénales. Quiconque éblouit un équipage devra répondre de ses actes auprès de la justice; plusieurs enquêtes sont d’ailleurs actuellement en cours


