Nice
Le feu en sous-sol aux HLM Saint-Charles
D'impressionnantes colonnes de fumée noire montent de tous les coins de la cité. Elles viennent du sol, du sous-sol, lèchent les fenêtres des immeubles derrières lesquelles les habitants regardent. Certains ont le portable à la main. Curieusement ils ont l'air très calmes. Les pompiers leur ont donné des consignes de sécurité. Rester chez soi, se calfeutrer et ne pas avoir peur. Car le vaste sous-sol qui court sous les immeubles entre le boulevard Louis Braille et le boulevard Pierre Sémard, à deux pas du Pont Michel et du terminus du tramway, ne communique pas avec les habitations.
Mais c'est un labyrinthe d'environ 3000m2 sur un seul niveau. Deux cent cinquante places sont disponibles mais les habitants sont assez peu nombreux à y garer leurs véhicules. Ils n'aiment pas ces sous-sols. Ils évoquent les trafics, les bandes qui s'y retrouvent, ou se guettent.
Le drame évité de justesse
Lorsqu'en milieu d'après-midi, au moment où le carnaval battait son plein, les pompiers sont appelés pour l'incendie d'un véhicule dans ce parking, l'intervention semble anodine. Puis elle a pris d'incroyables proportions, compte tenu de l'endroit et de sa configuration.
Elle a également failli tourner au drame.
D'abord parce qu'une habitante s'est retrouvée prisonnière du parking au début de l'incendie. Elle a eu la présence d'esprit de ne pas sortir de sa voiture et d'appeler à l'aide en faisant fonctionner son warning. Les pompiers l'ont extirpé de cet enfer et elle a été conduite à l'hôpital Saint-Roch, choquée et légèrement souffrante de la fumée.
Ensuite, plusieurs pompiers ont été intoxiqués par le monoxyde de carbone et les émanations liées à la combustion des véhicules.
Au total, près de 70 sapeurs-pompiers se sont relayés dans ces sous-sols transformés en fournaise. Et aux côtés des secours niçois des renforts sont arrivés de Cagnes-sur-Mer, de Cannes, d'Antibes et même du haut-pays (1).
Pour aller dans ces sous-sols, il a fallu du matériel particulier, semblable à ce qui est utilisé pour attaquer les incendies dans les navires. Qualifiée de délicate et difficile, dans le noir, la fumée, et une chaleur terrifiante, l'intervention a duré plus de trois heures avant de pouvoir déclarer que le feu était éteint.
Que s'est-il passé à l'origine ?
Le bilan hier soir faisait état de 19 véhicules brûlés et 20 autres endommagés par la chaleur et la suie.
Evidemment il faudra attendre au moins 24 heures avant d'évaluer complètement les dégâts. Les lieux doivent être sécurisés. Les températures extrêmes ont pu fragiliser des structures ou des installations techniques.
A l'extérieur, pendant ce temps-là , les habitants attendaient. D'abord de retrouver l'électricité, coupée pour environ 400 appartements. Ensuite, malgré une certaine résignation ambiante, des locataires voulaient savoir et comprendre. « Ne me dîtes pas que ce sont des jeux d'enfant s ! » s'emportait une dame. « C'est très grave, trop grave ! » Un peu plus tôt au début de l'intervention, des voisins échangeaient leur vision des choses. « Il y a une bande qui perturbe depuis quelque temps ».... « Il y a eu des menaces, c'est une vengeance. C'est un contentieux entre bandes...».
« Il n'y a aucune hypothèse avancée pour le moment » nous a t-on déclaré officiellement. « Tout est envisageable ». Aux enquêteurs maintenant de faire la lumière sur cet incendie quelque peu inquiétant.
(1) Intervention chapeautée par le colonel des pompiers Robert Raibaut, le lieutenant colonel Yves Cavalier et le capitaine Christian Weil commandant des opérations de secours.




