Damien RoustelSi, comme le proclamait une célèbre publicité, le bonheur est parfois simple comme un coup de fil, il en va de même pour le malheur, en l’occurrence la mort d’un patient. Depuis plusieurs mois, dans plusieurs départements, certaines équipes du SAMU donnent l’ordre par téléphone à des sapeurs-pompiers de mettre fin à des réanimations. « Seul un médecin présent physiquement sur les lieux a le droit de déclarer le décès d’une personne, il est d’ailleurs seul habilité à remplir le certificat de décès », dénonce dans un courrier indigné le collectif national CGT des médecins. « Sauf si l’état de mort avérée (rigidité cadavérique, décomposition, décapitation) est constaté, l’envoi d’une équipe médicale d’urgence doit être la règle », précise ce collectif. « Pour des raisons de moyens, on demande aujourd’hui à des sapeurs-pompiers, par téléphone, de constater des décès, sans la présence physique d’un médecin auprès de la victime », a déploré Christophe Prudhomme, du collectif national CGT des médecins, lors d’une conférence de presse organisée avec l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF). Selon lui, cette pratique se répand. « Un protocole a même été signé en ce sens en Loire-Atlantique », déplore le syndicaliste. La CGT demande au ministère de stopper cette pratique « inacceptable tant sur le plan humain que réglementaire ». Elle demande aussi aux pompiers de « poursuivre la réanimation cardio-pulmonaire jusqu’à ce que l’ordre d’interruption soit donné par un médecin physiquement présent sur les lieux ».
Source :L’Humanité Via le net





