Le Grimp 60 (groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux) s’est entraîné au château de Compiègne. Son rôle, aider les gens là où les moyens traditionnels des sapeurs-pompiers ne suffisent pas.
Nom de code, Grimp 60, pour groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux. Jeudi, baudrier d’escalade autour de la taille, casque vissé sur la tête, une dizaine d’hommes au look de spéléologues remontent un blessé sur son brancard, d’un puits de plus de 20 m de profondeur. L’opération a beau être un simple exercice, elle impressionne dans le décor surréaliste des entrailles secrètes du château de Compiègne.
A dire vrai, le site historique du palais national est bien connu des quarante pompiers du Grimp, ces spécialistes des missions pas comme les autres. « On vient s’y entraîner deux fois par an, explique le major Pascal Varé, responsable et conseiller technique de cette unité spécialisée dans les interventions acrobatiques. Au total, on organise un exercice chaque mois sur des sites qui présentent des risques particuliers. »
Ainsi, les mâts d’éoliennes — la Picardie est désormais la première région pour cette énergie —, les carrières de pierre de Saint-Maximin — celle qui a servi à édifier Notre-Dame — ou les manèges à sensation du Parc Astérix comptent aussi parmi les terrains d’entraînement favoris des pompiers de l’extrême. « Ces endroits nous permettent de nous exercer dans les conditions du réel, poursuit Pascal Varé. On peut ainsi améliorer nos techniques, les adapter, mieux appréhender la gestion du stress. Bref, rester opérationnels. »
Ils réalisent quinze à vingt interventions par an
Il faut dire que les pompiers du Grimp n’ont droit ni à l’erreur, ni à l’approximation. Quand ils sont appelés à la rescousse, comme ce week-end à Compiègne quand le sous-sol historique a englouti une voiture, c’est que les moyens traditionnels des pompiers sont inefficaces ou inopérants. Un ouvrier pris d’un malaise au sommet d’un échafaudage, ce sont eux qu’on appelle. Une personne bloquée sur une paroi pendant une varappe, ce sont encore les hommes-araignées du Grimp qui interviennent. « En moyenne, on réalise quinze à vingt interventions chaque année, résume le major. On fait notamment beaucoup de secours à personnes. On porte assistance à des parachutistes ou à des amateurs de parapente coincés dans les arbres… »
Autant dire qu’intégrer ce corps d’élite réclame une condition physique sans faille. Mais pas uniquement. Les muscles seuls ne suffisent pas. « C’est bien sûr très physique, mais aussi très technique, glisse Pascal Varé. Bien souvent, on se retrouve dans des situations où il faut d’abord analyser, faire marcher sa tête… »

Source:
http://www.leparisien.fr/oise-60/avec-l ... 775364.php