Article paru dimanche 31 janvier sur le site d'information canadien : http://fr.canoe.ca
[En plus de mettre une trentaine de locataires à la rue, un incendie dans un immeuble à logements a donné du fil à retordre aux pompiers, dont le travail a été compliqué par le froid sibérien qui s'abat sur Montréal ces jours-ci.
Vendredi soir, alors que la température ressentie était de -32 °C, les pompiers de Montréal ont eu à combattre quatre incendies.
Le principal sinistre s'est déclaré peu avant 20h, au 1715, rue Rochon, dans l'arrondissement Saint-Laurent. Un incendie accidentel, selon les pompiers, qui pourrait être dû à une cuisinière.
Hier, les pompiers étaient toujours sur place à dégeler les tuyaux d'arrosage et récupérer leur matériel complètement gelé, plus de 12 heures après que l'incendie eut été déclaré sous contrôle. Sur la rue Rochon, un amoncellement de tuyaux tordus, remplis de glace, entravait la voie.
Dégelés à la vapeur
«On doit les dégeler à la vapeur pour les mettre ensuite sur un camion plateforme et les amener à la caserne pour qu'ils finissent de dégeler», explique le chef aux opérations Aimé Charette.
«On doit être prudent en les manipulant parce qu'ils cassent facilement», poursuit-il.
Le froid rend très difficiles les interventions des pompiers. Dès que le débit est réduit dans une lance, l'eau commence presque immédiatement à geler à l'intérieur du tuyau. Souvent, on doit abandonner des tuyaux sur place et en sortir d'autres.
De plus, les robinets et les manettes situés sur les camions gèlent et deviennent difficiles à utiliser. On doit faire des rotations d'autopompes pour que les instruments dégèlent en caserne.
Équipements redéployés
En raison de tous ces équipements et appareils rendus inutilisables, les pompiers ont dû revoir le déploiement des camions sur toute l'île de Montréal, afin que le secteur Saint-Laurent soit couvert avec du matériel fonctionnel en cas d'un autre incendie.
Quant aux pompiers, leur travail a été rude. Une centaine de pompiers ont attaqué simultanément le brasier vendredi soir. Mais il a fallu 160 hommes en tout afin de leur assurer un peu de repos et pour se réchauffer.
«Les gars gèlent, explique le chef Charette. Ils travaillent avec de l'eau et sont exposés à des jets de 165 gallons/minute. L'eau passe à travers leur équipement et leurs gants.»]


