DNA a écrit:[center][thumb]http://www.dna.fr/photos/x20090202_DNA023156.jpg[/thumb][/center][center]Le sergent-chef Yves Hennes, portant la tenue neutre des équipes animalières. Le choix de couleurs ternes est volontaire. Les bandes réfléchissantes de l'uniforme paniquent souvent les animaux. (Photo DNA- Sébastien Bozon) [/center]
[center]Région Sapeurs-pompiers / Les sauvetages animaliers S.O.S BÊTES[/center]
Taurillons dans une rivière, chat dans une fissure... Le Service départemental d'incendie et de secours du Haut-Rhin sait répondre à ce type de situation. Présentation de l'équipe de sauvetage animalier, spécialisation en cours de reconnaissance.
Il leur arrive de galoper après des forcenés alcoolisés, dénudés, de maîtriser des incendies d'entrepôt. Parfois, ils sont aussi confrontés à un chat pris de folie furieuse, « courant sur le plafond ». Pas question d'asséner des coups de bâton pour immobiliser le matou furibard. « On revêt des gants épais recouvrant l'ensemble des bras et on se sert de ce qu'on appelle la pince-à -chat », commente le sergent-chef Yves Hennes. Cette technique, pratiquée depuis des dizaines d'années, a évité bien des griffures et des morsures.
Du caniche égaré au molosse agressif[center][thumb]http://www.dna.fr/photos/x20090202_DNA019736.jpg[/thumb][/center][center]Daim égaré dans une canalisation. Ces dernières années, les secours ont constaté une recrudescence des intrusions d'animaux sauvages en zones urbaines. (Doc.remis)
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Ça fait partie du quotidien des pompiers, les animaux en détresse. Sans se substituer aux refuges animaliers et aux cliniques vétérinaires, combien ont récupéré un petit chien égaré sur la voie publique, retiré un chat agonisant sur la chaussée ? Maîtriser un molosse agressif divaguant près d'une voie rapide, cela demande plus de doigté.
Yves Hennes, sapeur-pompier depuis fin 1978, a réalisé, comme d'autres, qu'on ne pouvait pas avoir les mêmes gestes avec un chat coincé dans une fenêtre oscillo-battante, une vache tombée dans une piscine privée ou des reptiles parvenant à déguerpir du terrarium d'un propriétaire passionné. L'homme, éducateur dans un club canin, a cherché à comprendre les comportements des autres animaux.
En 1999, son projet prend forme : il propose de créer et de former une équipe de sauvetage animalier, comme cela se fait maintenant dans une vingtaine de départements. Le SDIS haut-rhinois facilite cette formation, conjugue volet administratif et terrain. Aujourd'hui, le Haut-Rhin compte 74 pompiers, professionnels ou volontaires, spécialisés en sauvetage animalier. Ces hommes, répartis sur l'ensemble du département, de Munster à Masevaux, de Turckheim à Waldighoffen, se référeront systématiquement à un des cinq vétérinaires coordinateurs.
On pourrait s'étonner d'une telle spécialisation dans un département soumis aux risques industriels, nucléaires et chimiques. Ce serait oublier que les pompiers ont plus d'une corde à leur arc. Ce serait aussi méconnaître les réalités du département, tissu de forêts, de zones rurales, semi-urbaines ou fortement urbanisées. Impossible de ne pas prendre en compte la multitude d'animaux, sauvages ou domestiques, les élevages de gibiers, les animaux de ferme, « surtout dans le nord du Haut-Rhin et dans le Sundgau », les centres équestres en plein développement, les bêtes en route vers les abattoirs.
« Un animal plutôt impressionnant qui présente des points faibles »[center][thumb]http://www.dna.fr/photos/x20090202_DNA012883.jpg[/thumb][/center][center]Fréquenter des reptiles, des araignées : on s'adapte au goût de la société pour les nouveaux animaux de compagnie. (Photo archives DNA- Sébastien Bozon) [/center]
« Il nous est déjà arrivé de devoir récupérer du bétail sur autoroute », se souvient le responsable des équipes de sauvetage animalier. « On a également été confrontés à des accidents impliquant un van à animal ». Les techniques de désincarcération prennent un autre sens... Secourir un cheval blessé, « c'est une des interventions les plus marquantes. C'est un animal plutôt impressionnant qui présente des points faibles. Il ne faut pas qu'il se cogne la tête, il faut éviter l'hémorragie des jambes. Nous connaissons les bases techniques de démontage d'un van. Il faut notamment retirer une barre intérieure parce que le cheval risque d'y coincer ses jambes avant ». Le passage en centre équestre aura permis de peaufiner d'autres techniques, « savoir faire un licol provisoire avec une corde, apprendre à mener l'équidé là où on veut ».
« Une vache a dégringolé de son pré »
On se forme en effet régulièrement aux comportements et aux sauvetages animaliers dans ce service chapeauté par un officier chargé de l'ensemble des spécialisations départementales. On fréquente les professionnels en reptiles et en araignées, on apprend à se servir d'un élévateur Cardineau, utile pour soulever les équidés et le bétail, on se frotte aux chiens... Prêts à faire face à l'inattendu, comme en avril dernier, lorsqu'une « vache a dégringolé de son pré, marqué d'un fort dénivelé, et a empalé ses pis sur un fer en béton. La blessure était profonde d'une soixantaine de centimètres », se rappelle M. Hennes. Pompiers des corps locaux, équipe animalière et vétérinaire sont parvenus à sauver la bête « en moins d'une heure. Et il me semble qu'elle va toujours bien », sourit-il.
Il se souvient aussi de ce « cheval tombé dans une fosse intérieure, à côté de Colmar. Le plafond était si bas qu'on a eu du mal à installer un palan. Il a fallu faire appel à l'équipe spécialisée dans le sauvetage-déblaiement pour renforcer les poutres, veiller à la stabilité du plafond ».
Dans quelques semaines, après près d'une décennie de pratique, l'équipe animalière disposera d'un guide départemental de référence. Ce guide, officialisé par la préfecture, véritable outil de travail, permet d'harmoniser « formation, engagement et support ». « Dans quelques années, le service animalier disposera d'un guide national de référence. Je serai probablement à la retraite avant, mais j'en suis convaincu », conclut Yves Hennes. Et puis rien n'empêche « d'échanger nos expériences, nos réflexions avec d'autres départements ».
Stéphane Freund
encadré :« Plus à l'aise »
Les départements du Bas-Rhin et du Territoire de Belfort ne disposent pour l'instant pas d'équipes spécialisées en sauvetage animalier. Ce qui n'empêche pas - bien sûr - de porter assistance aux bêtes en détresse. « Une formation permet de se sentir plus à l'aise face à un animal. Mieux vaut l'aborder sans appréhension », précise M. Hennes





