JSP : le feu sacré
Gros succès public pour les JSP qui prennent possession du matériel de mission lors des portes ouvertes 2008 à la caserne mulhousienne. (Document remis)
Etre jeune sapeur-pompier : loisir ou vocation ? La question est vite tranchée par Océane et Benjamin, JSP (*) rencontrés à la caserne mulhousienne du boulevard de la Marseillaise. C'est bien d'une vocation qu'il s'agit et ça fait déjà un bout de temps qu'ils l'ont. Un feu sacré qui n'est pas prêt de s'éteindre - à la différence des incendies qu'ils auront forcément à maîtriser, un jour ou l'autre, dans les années qui viennent.De gauche à droite : le SPV (et animateur) Sylvain Lecouturier en passe de devenir SPP ; l'animatrice SPV Emilie Dubois ; le caporal-chef SPP Eric Del Negro, adjoint de Michel Uria. (Photo DNA - Ph.A.)
« Je devais avoir 12 ans quand ma prof de sports m'a parlé des JSP. Elle avait mis à disposition des fiches qu'on pouvait consulter. On y parlait de manoeuvres, de cours, d'exercices... Depuis que j'y suis, c'est-à -dire à la création de la section de Mulhouse en novembre 2007, ça me plaît vraiment. Plus tard, je serai volontaire (SPV) puis professionnelle (SPP). J'aime beaucoup le travail d'équipe. Je veux faire ce métier pour sauver des gens et les assister. » Pour Océane Damour (14 ans), pas de doute, donc.
Idem pour Benjamin Sellier (16 ans) : « La vocation, elle date de quand j'avais entre 10 et 12 ans. Pour moi, devenir professionnel, c'est un objectif de carrière. Si je ne pouvais pas être SPP, le travail d'infirmier me conviendrait. Parmi les spécialités des pompiers, l'aspect secouriste m'intéresse particulièrement. »
Océane Damour (14 ans) et Benjamin Sellier (16 ans) : de JSP à SPV en attendant de passer... SPP ! (Photo DNA - Philip Anstett)
Benjamin (16 ans, JSP) : « Dès qu'on voit qu'on est capable de réussir une manoeuvre, un exercice, un geste de secours, on devient plus ouvert, plus en alerte par rapport à ce qu'on peut être amené à faire plus tard. » Depuis un an et demi, Benjamin observe un changement dans l'appréhension de sa future profession : « Dès qu'on voit qu'on est capable de réussir une manoeuvre, un exercice, un geste de secours, on devient plus ouvert, plus en alerte par rapport à ce qu'on peut être amené à faire plus tard. »
Le brevet des cadets les attend (on le passe à 16 ans) qu'ils décrocheront après avoir satisfait à un certain nombre d'épreuves théoriques, techniques et sportives.
Titulaires tous deux du diplôme de secourisme PSE1 (premier secours en équipe; niveau 1), les deux adolescents viennent chaque samedi après-midi au centre de secours où ils retrouvent, pour des cours et des manoeuvres, les 16 autres JSP garçons et filles de la section mulhousienne dirigée par le sergent-chef Michel Uria qui est secondé par le caporal-chef Eric Del Negro, tous deux SPP. Les cinq autres animateurs de la section sont SPV, dont Emilie Dubois seul élément féminin de l'équipe. SPP et SPV animent bénévolement la section.
Mais cette fameuse vocation, se maintient-elle vraiment au fil des ans ? « A 12 ans, je jouais au foot à Kingersheim, raconte Sylvain Lecouturier, SPV de 22 ans qui fait partie de l'équipe d'animateurs. Le terrain jouxtait la caserne des sapeurs-pompiers. J'étais curieux, j'avais envie d'apprendre, de découvrir. De fil en aiguille, je suis devenu JSP puis SPV. Ensuite la famille a déménagé à Mulhouse où je me suis retrouvé l'un des plus jeunes SPV à 17 ans et demi. Actuellement, je passe des entretiens d'embauche pour devenir SPP. Le travail en groupe, l'esprit d'équipe, l'aspect humain des interventions lorsqu'on assiste des victimes, tout cela me démontre que j'ai fait le bon choix ».
JSP manoeuvrant une lance lors d'un exercice. (DR)
Sylvain: «Le travail en groupe, l'esprit d'équipe, l'aspect humain des interventions lorsqu'on assiste des victimes, tout cela me démontre que j'ai fait le bon choix » Dans le Haut-Rhin, ils sont quelque 1300 jeunes sapeurs-pompiers de 12 à 16 ans, dont environ 40% de filles et 60% de gars. Il n'y a pas de problème de recrutement : les candidatures de JSP, il y en a plus qu'il n'en faut.
Or, le nombre de formateurs et d'animateurs n'est pas démultipliable à l'infini, d'autant plus que ces cadres SPV ou SPP sont bénévoles. D'où la difficulté d'accepter en nombre les ados intéressés pour intégrer cette catégorie bien particulière et très recherchée des JSP.
Mais que cela ne vous empêche pas de poser la question à la caserne de votre commune, à Mulhouse ou ailleurs. Si vous avez, vraiment, le feu sacré...
Deux JSP raccordent un tuyau lors d'une manoeuvre.
Le chef d'agrès donne les instructions aux JSP avant l'opération. (DR)
Le sergent-chef SPP Michel Uria, responsable de la section des JSP de Mulhouse. (Photo DNA - Ph.A.)
Pierre-Marie Gallais
(*)
Signification des sigles : JSP, jeune sapeur-pompier; SPV : sapeur-pompier volontaire ; SPP : sapeur-pompier professionnel.
Édition du Jeu 2 juil. 2009