Modérateur: Modérateurs
de Carabinix » 29 Jan 2010 12:47

de SISNEY » 01 Fév 2010 09:48

de mai2660 » 02 Fév 2010 11:35
Corse-Matin a écrit:Haïti. Le médecin raconte quinze jours d'interventions non-stop
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- nm-photo-285169.jpg (16.31 Kio) Vu 293 fois
Photo DR. A l'Escrim, Marc Bandittini-Landucci a soigné de nombreux enfants, comme cette fillette qui a perdu ses deux parents dans le séisme.[/center]
Quand il commente les photos prises avec son petit appareil numérique, on sent les images se bousculer dans sa tête. Le regard bloque quelques secondes, puis la parole reprend son cours. Marc Bandittini-Landucci est rentré d'Haïti vendredi soir, après quinze jours sur place. Médecin de l'unité Escrim (élément de sécurité civile rapide d'intervention médicale), il a participé, avec 11 hommes de l'UIISC 5 de Corte, au sauvetage de la population haïtienne.
Bien sûr, les traits sont un peu tirés, la fatigue est toujours présente, et puis, comme le dit l'urgentiste bastiais, « la connexion est laborieuse : il y a le décalage horaire et la différence de température. Ce n'est pas évident de revenir à une autre réalité. Pour l'instant, l'esprit reste encore un peu ailleurs ».
De grandes tentes pour recréer un espace médical à vocation chirurgicale. Deux tonnes de matériel. Sur place, le docteur Bandittini-Landucci aura vu de tout dans l'hôpital de campagne mis en place dans la cour du lycée français de Port-au-Prince : enfants, adultes, blessures légères ou plus graves, polytraumatisés... Et puis, quelques petits moments de bonheur pour faire oublier l'ampleur de la tâche : « On a eu droit à beaucoup de sourires, de remerciements. Et même des naissances. Finalement, la vie reprend son cours », confie-t-il, frappé par la dignité dont font preuve les Haïtiens.
Une impressionnante résistance à la douleur
« Certains ont tout perdu, mais il se dégage une impression de soumission, de fatalisme. Cela a permis d'éviter les scènes d'hystérie collective et de se concentrer sur l'aide à apporter à des blessés qui ont parfois dû attendre plusieurs jours avant d'être opérés. La résistance à la douleur dont ils ont fait preuve aurait été inimaginable ici. Elle a été réellement impressionnante. L'instinct de survie a repris le dessus ».
Les journées à l'hôpital se déroulaient à un rythme effréné : lever à 6 heures, début du travail à 7 h 30 à la suite de l'équipe de nuit, pour terminer à 20 heures. En théorie. « On ne dormait que très peu de toute façon, trois à quatre heures par nuit en moyenne. Là -bas, comme d'autres, je suis arrivé au bout de mes capacités physiques. Et comme on n'a pas le temps de s'arrêter, la course contre le temps est permanente ».
Une course perpétuelle pour sauver les vies qui peuvent encore l'être : « Très rapidement, un réseau s'est mis en place avec les équipes étrangères présentes. On savait où s'adresser selon le type de pathologie ou pour avoir des poches de sang... Les jeunes médecins ont été remarquables, en participant eux-mêmes aux dons dès que l'on venait à en manquer ». Le tableau peut paraître idyllique, mais sur place, il est parfois compliqué de gérer les ego et les velléités de contrôle de certains états ou ONG, « cependant, cela ne s'est pas ressenti à notre niveau. On a su s'appuyer sur les compétences de tous les éléments étrangers ».
La précieuse aide locale
Ce qui ne fait pas oublier la générosité dont ont fait preuve certains Haïtiens : « Paradoxalement, malgré le peu de solidarité au sein de la population, beaucoup de locaux ont proposé leur aide. Il y a eu un vrai effort de la part de tous, et c'est pour cela que cela a fonctionné, même si on reste conscient que ce n'est qu'une goutte d'eau »,
Un engagement que tient également à remarquer le lieutenant-colonel Sarron, qui dirige l'UIISC 5 : « Les personnes impliquées dans l'hôpital Escrim ont toutes un travail. Elles se rendent sur place presque au débotté, sur volontariat. Les équipes se forment très vite pour faire face à l'afflux de victimes. Les deux premiers jours, l'Escrim a traité 400 personnes avec des blessures inhabituelles en métropole. C'est remarquable ».
En attendant que les souvenirs d'Haïti se fassent moins douloureux, Marc Bandittini-Landucci est reparti vers sa vie d'urgentiste à Bastia. La Sécurité civile de Corte attend quant à elle le prochain retour des onze hommes encore sur place.
Sandrine Ordan

de SISNEY » 02 Fév 2010 15:12

de SISNEY » 02 Fév 2010 20:44


de ueno18 » 03 Fév 2010 03:04

pour tous tes efforts et pour ton soutien qui a ete superbe
une vrai grande famille

de Ladder 1 WTC » 03 Fév 2010 07:36
Pompiers à Haïti « C’était pire qu’au Liban »
Cinq pompiers alsaciens sont rentrés de mission à Haïti hier. Pendant quinze jours, ils ont pansé et soigné des blessés, dont beaucoup d’enfants. Une expérience âpre mais riche en humanité, dont ils rapportent des images fortes, parfois violentes, toujours bouleversantes.
« J’ai été envoyé au Liban, à Beyrouth en 2006, après des bombardements. Mais ce que j’ai vu à Haïti, c’était pire. » Stéphane Houmeau est infirmier anesthésiste, sapeur-pompier volontaire au groupement Centre à Strasbourg. Il faisait partie d’un groupe de cinq pompiers alsaciens qui sont arrivés à Haïti le 18 janvier dernier pour participer au dispositif médical mis en place par la sécurité civile. Ils sont restés deux semaines là -bas, travaillant dans l’hôpital à moitié effondré de Canapé vert à Port au Prince, situé au sud-est de la ville.
« Dès qu’on est arrivé, il a fallu s’incorporer tout de suite dans les soins. Ça hurlait de partout ». « La chance qu’on a eue, renchérit son collègue haut-rhinois Denis Muller, c ’est qu’une équipe guyanaise nous a précédés et avait déjà mis en place une certaine organisation. »
« Le sol s’est fissuré sous nos pieds »
La première semaine, les hommes travaillent avec les moyens du bord : planches et clous récupérés pour poser des attelles et les mettre en traction. Ils procèdent à une césarienne à la lampe frontale car il n’y a pas encore d’électricité. « Le bébé était en arrêt cardiaque, indique Stéphane Houmeau. On l’a ranimé dans le noir. » Aujourd’hui, la mère et le petit garçon se portent bien. L’équipe a assisté trois autres naissances, deux césariennes et un accouchement « en pleine réplique. »
Car des secousses se succèdent : un séisme de magnitude 6, 1 qui a provoqué la mort de 60 personnes et une forte réplique de magnitude 4,2. « On était en train de travailler à l’hôpital, précise Denis Muller. Le sol s’est fissuré sous nos pieds ». La consigne est d’évacuer immédiatement car les murs sont branlants. « On a tout laissé, les patients avec leurs perfusions et les enfants qui nous regardaient avec des yeux ronds. Mais les murs ont tenu ». Les pompiers réintègrent les lieux et surveillent l’évolution des fissures en posant du scotch en travers. S’il se déchire, c’est que la structure bouge…
Au fil des jours l’organisation s’améliore, de même que les conditions de travail. La chambre délabrée des premiers jours devient un vrai bloc opératoire, avec deux tables d’opérations séparées par un paravent. Les hommes travaillent sans relâche, de 7 h à 19 h.
« Des gens très dignes dans la douleur »
Ils voient des plaies effrayantes, certaines infectées depuis plusieurs jours. Leurs patients attendent ou récupèrent dans un grand camp devant l’hôpital, à ciel ouvert. Traumatisés, ils n’osent plus être entre quatre murs. « Mais ce sont des gens incroyablement gentils et pleins de foi, s’étonne Denis Muller. Ils sont très dignes dans la douleur et cela a été une leçon pour nous. Des enfants, juste avant d’être amputés, disaient qu’ils priaient pour nous, pour qu’on ne se fasse pas piquer par des moustiques ! »
Malgré un sas de décompression à la Martinique, les hommes sont encore un peu là -bas. À la fois contents d’être rentrés, « car c’était très difficile », et tiraillés par l’envie d’être encore là -bas.
Geneviève Daune-Anglard

de gregsixhuit » 03 Fév 2010 20:34

de ueno18 » 04 Fév 2010 00:23

de SISNEY » 04 Fév 2010 09:42
