Violences urbaines : les pompiers crient halte au feu !
Interview - Plus de 1000 pompiers ont été agressés en 2009. Jérôme Cailleau, responsable du Syndicat national des sapeurs pompiers professionnels de l'Essonne, témoigne du ras-le-bol d'une profession.
Les agressions de pompiers lors de violences urbaines ne datent pas d'hier. Jusque là on préférait ne pas trop en parler. Mais le phénomène prend un peu plus d'ampleur chaque année et là , c'est trop. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire national de la délinquance, 1080 pompiers ont été blessés en intervention en 2009, contre 418 en 2005. Pas plus tard que le week-end dernier, à Chanteloup-les-Vignes, une caserne a été la cible de jets de pierres et de cocktails molotov parce qu'elle avait eu le malheur d'abriter des policiers eux-mêmes pris pour cible non loin de là . II y a deux semaines un pompier a pris une balle à Grenoble.
Dans l'Essonne, où je travaille, chaque soir nous intervenons sur 5 à 6 véhicules brûlés et une dizaine de poubelles en feu. Et à chaque fois, on sait que cela représente un danger. Cette violence verbale ou physique est devenue quotidienne lors de nos interventions en banlieue. Aujourd'hui nous avons deux craintes majeures : qu'un pompier décède ou qu'il pète les plombs et agresse en retour, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur l'image de notre profession.
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